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"    Laissez-moi vous raconter un quartier. Pas très loin d’ici. Dans les hauts de Lausanne. Appelé officiellement Sallaz, Vennes, Séchaud, c’est le quartier de milliers de gens, c’est aussi mon quartier et comme tout le monde je l’appel le 10-10. Je n’invente rien, si vous faites attention les murs de Lausanne sont recouvert de graphes et de tags, à la gloire du 10-10.  

Si Godart nous dit que Lausanne est le gris entre le bleu et le vert, alors le 10-10 est le gris du gris. Enfaite il est coincé entre la ville et la campagne. Avec  Croisette  au Nord, La Chailly au Sud, Les champs à Est, Sauvabelin et sa forêt à Ouest. Le 10-10 c’est un quartier qui n’appartient pas à la ville originelle - on dit qu’on descend en ville -, il n’a ni grands mythes, ni histoires attachées à un lieu qui lui soit propre, il peine donc à se trouver une identité, alors comme de nombreux quartiers ou villes nouvelles il a revêtu une identité qui veut autant tout que rien dire, la banlieue. Le 10-10 à Lausanne, c’est la banlieue et il porte avec lui le poids de la réputation de la banlieue. 

Si vous traversez le 10-10 pour la première fois, vous n'y percevrez qu’une série d’objets, sans histoire ni traditions, immédiatement visibles. 
En sillonnant ses rues, vous découvrirez une multitude de différents quartiers recroquevillés sur eux-mêmes. 
Vous ne remarquerez aucun point focal, aucun point de repère pour vous accompagner dans la découverte de ces lieux. 
Lorsque vous l’arpenterez pour la première fois, vous aurez l’impression de errer comme une âme perdue, certaines fois aux pieds des arbres, d'autres fois aux pieds des murs. Vous vous sentirez contre la vague et toujours contre les flots. Entre les départs au boulot et les rentrées du boulot. Vous vous sentirez surement écrasés par le bruit du traffic ou le silence d'un quartier dortoir vide. 

Vous vous sentirez en banlieue. Un lieu à la condition spatiale suburbaine, où la ville se dissout et où l’ordre physique construit se perd, porté par la modernité où la voiture est reine. Les routes et la juxtaposition des propriétés privées ont divisé et décousu la spatialité. L’espace de la vie quotidienne s’y retrouve dilaté et fragmenté, les repères d’appartenances collectifs vacillent, la sphère individuelle s’intériorise toujours plus, l’espace collectif disparait et c’est dans cette condition que les liens sociaux se perdent en entraînant dans leur chute un certain l’ordre social.

Voilà ce que vous verrez la première fois que vous irez dans mon quartier. Néanmoins, si vous laissez libre cours à votre curiosité, si vous cherchez des raccourcis invisibles, des portes ouvertes, des sentiers oubliés ; si vous prenez le temps durant des heures, à marcher, ramper, escalader, pour révéler des qualités dissimulées ; si vous investiguez, creusez encore et encore, si vous restez, observez, orientez votre regard ; si vous partez à la recherche des habitants, si vous faites des rencontres, alors c’est bien plus que la banlieue que vous verrez. Vous verrez un territoire, un paysage, fait de mémoires, de récits, d’une histoire, d’habitudes, d’usages et de sentiments. Un lieu qui ne demande qu’à être vécu. Un quartier dont il manque simplement la reconnaissance et la considération de ces qualités. 
 
                                                    

      
Plan de situation - Lausanne
Plan de situation - Lausanne
Plan de situation - Grand-Vennes 
Topographie du territoire    -    Carte de transports    -    Quartiers 
Maquette du territoire
Carte sensible 
Carte des accès piétons
Carte des accès piétons 
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